[
size=14px]histoire d'amour
Chapitre I
Miru vivait dans un petit village entouré de collines, dans la vallée de L'Ualio, au fond de l'Emulia. Petit pays ou vaste état, Miru n'en savait rien. Jamais elle n'avait quitté cette vallée. Douze ans de sa vie, passés à grimper le long des sentiers des collines, accompagnée d'Eviary, sa meilleure amie. Elles passaient la majeure partie de leur temps à errer dans les bois, à profiter de la magie de la nature, imaginant toute sorte d'endroit comme une salle de réunion royale, ou un salon de thé, où deux souches d'arbres faisaient offices de sièges et le tronc, aplanit par l'érosion et les divers insectes, servait de table. Miru et Eviary se retrouvaient ainsi très souvent après les cours et pendant les vacances. Les saisons passèrent, alternant toujours Eturial et Amurial. Tous les six mois à la même heure, la température changeait brusquement, les nuages arrivaient ou partaient précipitamment. Le professeur de Miru lui avait dit, pendant un cours, que les saisons avaient d'autres <noms souvent donnés par les habitants eux-même. L'Eturial était une période de joie, de fêtes, où le soleil était présent. L'Amurial était la saison des esprits, où les habitants évitaient de sortir de chez eux, et encore plus de s'aventurer dans la noirceur des bois. Mais Miru n'écoutait pas et même si au fil des années Eviary l'abandonna, elle n'arrêta jamais de se rendre sur cette souche, pour repenser à sa jeunesse passée.
C'est à l'age de seize ans qu'elle vit pour la première fois cette petite lueur verte à coté d'elle, puis a plusieurs reprises dans ses ballades. Un soir, elle l'aperçut sur un tronc d'arbre imposant qui lui barrait la route. Elle était pourtant certaine d'avoir empruntait ce chemin des centaines de fois, et jamais elle n'avait vu cet arbre majestueux, et cette petite lueur qui en émanait. D'un naturel curieux, elle s'approcha prudemment, lentement, regardant à chacun de ses pas s'il n'y avait personne, mais c'était la saison « noire », et aucun être raisonnable, hormis Miru, ne s'aventurait dans la forêt. Elle était de plus en plus proche, il lui semblait que la pénombre se noircissait au fil de ses pas. Elle était maintenant presque collée à l'arbre, elle rayonnait aussi de cette lumière verte, en tendant le bras, elle pouvait atteindre le tronc, l'effleurer ou même le toucher, juste un instant. Les minutes passèrent sans que Miru s'en soit aperçu. Elle hésitait entre le désir de savoir et l'étrangeté que représentait un tel phénomène. Son bras s'allongea, ses doigts serrés se décontractèrent, et vinrent effleurer l'immense tronc d'arbre. Une sensation de picotement dans le bras, comme des petites aiguilles qui pique, la surpris agréablement, mais elle préféra retirer le bras brusquement, quand elle sentit le picotement remonter le long de son épaule, puis de son cou. Elle avait instinctivement fermé les yeux au contact du bois. Lorsqu'elle les rouvrit, la nuit était tombée, et l'arbre était toujours là, mais la lueur ne venait plus de lui, mais de Miru. Même à travers ces vêtements, la lueur lui permettait de voir clairement à deux mètres autour d'elle. L'inquiétude monta, elle devait rentrer chez elle, mais que dirait ses parents en voyant leur fille entourée d'une aura verdoyante et revenant de la forêt. Elle imaginait sa mère affolait, hurlant de tous les cotés, et son père la déshabillant pour voir d'où émanait cette lumière. Sortant de ses pensées, elle se dirigeait vers le village, cherchant une solution à son problème. A la limite de cette forêt qui était devenue la sienne, elle remarqua que la lueur n'éclairait plus que quelques centimètres autour d'elle. Songeant à ce qui venait de se passer, elle recula de quelques pas et un cercle de quatre mètres de diamètre apparu. Miru se sentit soulagée, et elle rentra chez elle.
Ses parents sentirent un poids se lever de leurs épaules, chaque fois que Miru partait le matin, ils n'avaient qu'une peur : Qu'elle ne revienne pas le soir. Alors qu'elle avait passé la porte, Miru alla embrasser ses parents, et elle monta dans sa chambre. C'était une petite pièce, comportant un lit, un petit bureau et une étagère. Les murs étaient blancs, là où les autres adolescentes couvraient leurs murs de photos et de posters. Mais Miru trouvait ça inutile. Elle s'allongea sur son lit, rêvassant, repensant vaguement à ce qu'elle venait de vivre. Cette lueur verte, cet arbre, cette sensation de bonheur, ce petit picotement qui était encore là, au fond de sa poitrine. Elle ne l'avait pas encore ressentie avant d'être allongée. Elle avait envie de dormir, elle sentait son corps s'alourdir, ses paupières se fermèrent et un éclair vert l'aveugla, lui faisant rouvrir les yeux. Une goutte de sueur coula le long de sa tempe gauche. Elle se redressa, et descendit, le c½ur vrombissant, le corps endormi malgré les maigres secondes qu'elle avait passés allongée. Elle n'ouvrit pas la bouche du repas, et quand celui-ci fut achevé, elle débarrassa et retourna dans sa chambre. A peine avait-elle fait coulisser sa porte, que son corps lui parut flotter dans les airs.
Miru était pleinement éveillée, mais elle faisait tout au ralenti. Elle sentait que quelque chose d'étrange se produisait au niveau de ses jambes, malgré de faibles mouvements, elle traversa sa chambre et atteint son lit plus vite que si elle avait couru de toutes ses forces. Elle ne touchait plus le sol. Regardant le sol, deux centimètres sous ses pieds, elle ne voulait y croire. C'est seulement après un intense effort de concentration, qu'elle sentit enfin ses orteils puis ses talons toucher le sol. Lorsqu'elle fut sur qu'elle touchait le sol, elle relâcha sa concentration et sentit le poids de son corps sur ses jambes sans forces. Miru s'effondra, mais sans vraiment y penser, elle s'éleva de quelques millimètres, ce qui laissait paraître qu'elle touchait le sol. Elle s'exerça encore un peu, essayant d'adopter sa vitesse au balancement de ses jambes. Epuisée par l'effort de coordination, elle se coucha, heureuse de maîtriser un peu ce nouveau pouvoir. Alors qu'elle fermait les yeux, elle fut de nouveau aveuglé par cet éclair vert. Réouvrant les yeux, elle sentit une goutte de sueur couler le long de sa tempe gauche, le même appelle de sa mère pour le repas, la même discussion. Elle avait déjà vécu ce moment, il s'était passé quinze minutes, pourtant l'horloge du salon indiquait la même heure. Elle remonta dans sa chambre, mais ne sentait pas vraiment la fatigue, juste une petite excitation, et un léger picotement à coté de son c½ur. Le besoin de dormir l'avait quitté à tout jamais. Elle le savait.
La nuit était sombre, et Miru profitait de la douceur du vent sur son visage. Elle voletait de temps à autre à quelques mètres du sol dans les rues désertes de son village. Elle apprenait à maîtriser son don. La pale lueur verte qui l'entourait, était devenu une lumière bleu ciel, qu'elle pouvait canaliser en un faisceau blanchâtre de forte puissance. Elle sentait les choses, les yeux fermés, elle savait où se trouvait chaque objet, elle voyait l'image de la ruelle comme en plein jour, mais il était toujours tard, et elle avait les yeux fermés. Miru s'était assise sur les marches devant une maison. Elle ouvrit les yeux et s'aperçut que la nuit l'empêchait de voir à plus de trois mètres alors que les yeux fermés, elle sentait qu'elle aurait pu voir une fourmi à des milliers de kilomètres. Mais elle sentait qu'elle s'épuisait au fur et à mesure. Il fallait qu'elle se limite à ce qu'elle maîtrisait et qu'elle essaye chaque soir d'étendre ses capacités. Elle se releva, s'appuyant à un petit arbre à coté de la maison, ses jambes tremblaient, l'envie de s'élever de quelques millimètres la bouscula, mais elle continua, essayant de mettre un pied devant l'autre, elle bascula en avant et se retrouva face contre terre, dans l'herbe humide. Elle réitéra sa tentative plusieurs fois, sentant une légère amélioration.
Le jour se faisait sentir, Miru ouvrit les yeux, et le scintillement de la rosée sur l'herbe l'éblouit un instant. Un maigre rayon de soleil avait percé les nuages de l'Amurial. de mémoires de professeurs, il y avait près de 6000 ans que le soleil se cachait sans apparaître. Ce petit rayon était un signe d'une époque révolue. Mais qui allait croire une adolescente, loin de chez elle à une heure pareille ? Personne. Le désarroi s'empara d'elle, un phénomène historique s'était produit, et elle ne pouvait en parler. Le jour était levé, et les rues s'animaient petit à petit.
Miru rentra dans sa chambre par la fenêtre, et descendit prendre son petit déjeuner. Elle pris son sac à dos et partit pour le lycée. Sur le chemin, Eviary l'avait rejointe et elles discutèrent brièvement de leurs soirées. Un peu plus loin elles aperçurent la cause de leur éloignement. Ethru était là, 1m78, brun aux yeux bleu, un beau gosse charmeur, sans grande considération pour les femmes. Mais ilattirait la plupart des filles, dont Eviary et Miru. Or ce jour là, seule Eviary alla lui parler, Miru continua sa route vers sa salle, sans un regard pour Ethru. Eviary la regarda passer, avec une lueur de victoire au fond du c½ur. Elle jubilait d'avoir enfin obtenu ce qu'elle voulait. Elle s'était volontairement éloignée de Miru, comme une punition de lui tenir tête. Mais Miru n'en avait plus rien à faire d'Ethru. Son don lui suffisait. Elle entra en cours, et sa journée passa, elle se surprit en Dessin, où elle découvrit un véritable talent. Les cours s'achevèrent à 17 heures, et les 80 élèves, collège et lycée confondus, sortirent. Miru s'échappa et fila tout droit chez elle. Après avoir finit ses devoirs, elle sortit faire un tour. La lueur du soleil derrière les nuages tentait le ciel d'un orange délicat. Mais l'amas nuageux était trop important pour qu'un rayon traverse.
D'après ses calculs, il restait environ 200 nuits avant que le soleil ne reprenne le dessus. Tant de nuits à errer sans but dans les rues déserte. C'est ainsi qu'elle eut envie de découvrir ce qu'on lui avait toujours caché. Le monde derrière la colline. Depuis toujours, cet endroit était interdit et était devenu inaccessible, à la suite d'éboulement, pour quiconque ne pouvait voler.
Chapitre II
Ethru était étendu sur son lit, avec la sensation que plus jamais il ne pourrait fermer les yeux sans revoir Miru lui passer devant sans un regard ; sans ressentir le vide qui s'était installé dans son âme tout entière. Et cette sangsue d'Eviary qui ne le lâchait jamais. Rien que son nom lui soulevait le c½ur, il ne pouvait pas la supporter, et elle le collait.
Ethru avait chaud, il se sentait vraiment mal, il avait besoin d'un bon verre de jus de magole, sorte d'orange pamplemousse à l'allure d'un kiwi jaunâtre. Il descendit donc dans la cuisine plongée dans la pénombre. A tâtons, il décela la poignée du frigo et l'ouvrit, ce qui lui révéla le reste de la cuisine. Il sortit donc un grand verre, le remplit de jus de magole et s'installa à la table. Assis devant son verre à moitié vide, il voyait, encore et toujours, ce doux visage qu'il chérissait tant, l'ignorait. Envie de s'évader de ses sombres pensées, il pris soin d'ouvrir la porte avec le moins de bruit possible. Il se retrouva sur le pas de la porte. Il ferma cette dernière avec le même soin qu'il avait mit à l'ouvrir.
La nuit était douce et légèrement humide. Son verre à la main, Ethru s'assit sur le rebord du pas de la porte, s'adossant à cette dernière. Il respirait avec de grandes inspirations, jetant un coup d'½il d'un coté et de l'autre de la rue déserte qui s'étendait de part et d'autre de sa maison. Il se releva, quelques minutes plus tard, laissant son verre vide derrière lui. Ethru remarqua que la nuit était claire pour la saison et il voyait assez bien au sol pour s'allonger, dans l'herbe du petit jardin, à l'arrière de sa maison attendant un peu que son mal-être se dissipe. Alors qu'il s'asseyait dans l'herbe humide, son regard se porta sur la colline interdite, comme le disait si bien les professeurs du lycée. Elle paraissait encore plus inquiétante que le jour. Comme si le mal émanait de cet endroit. Jamais personne ne parlait de ce qui pouvait se trouver au delà, et en réfléchissant bien, il se rendit compte qu'il ne savait rien de ce qu'il pouvait exister au delà des collines et forêts qui entourait le village. Il s'allongea dans l'herbe, rêvant à ce qu'il pourrai découvrir. Ethru se redressa, des images de paradis plein la tête, mais un mouvement furtif le tira de ses rêves.
Au loin, il aperçut une boule noire se déplaçait à une vitesse folle. Et cette chose semblait gravir la colline interdite. Son rêve le plus fou se réalisait sous ses yeux, quelqu'un avait le même désir d'évasion.
Miru se trouvait en bas d'un tas de gravats, et de rochers menaçant. Elle sentait l'excitation, monter en elle et l'adrénaline l'envahir. Elle était sur le point de gravir les étapes d'un secret bien gardé. Le doute s'empara d'elle, peut-être y avait-il une raison plus puissante qu'elle ne le penser, mais l'envie l'emporta et elle posa le pied sur la première pierre. Elle perdit l'équilibre et se rattrapa de justesse à un gros rocher.
Miru ne contrôlait pas encore totalement son don, et l'excitation lui avait fait perdre sa concentration. Après avoir fait passer ce moment d'enthousiasme, elle reposa son pied au même endroit et sentit cette douce sensation de poser ses pieds sur des coussins. Sans aucun soucis, son second pied s'éleva et se posa sur un tertre. La première étape était franchi mais pour atteindre un second palier, il lui fallait prendre une impulsion. Bien sur, elle aurait pu s'envoler sans soucis, mais cela l'épuisait et elle aurai peut-être besoin de force plus loin dans son ascension. Miru plia ses jambes, et pensa fortement à une impulsion sous ses pieds, et elle s'éleva. Elle se sentait libre, elle flottait dans les airs, mais la réalité la rattrapa. Son impulsion n'avait pas été assez forte, et s'envoler sans surface pour s'élancer était épuisant, mais alors comment faire ? Elle voyait le palier, il allait lui manquer un petit mètre tout au plus. Alors qu'elle avançait, elle vit un rocher, y pris appui et se balança de l'autre coté.
Elle se déplaçait à une vitesse folle , mais elle avançait aussi beaucoup plus vite. C'est ainsi qu'elle atteint ce qu'elle considéra comme le quatrième palier. Mais à peine fut-elle arrivée, qu'elle glissa et sa main heurta violemment la pointe d'un rocher. Une douleur atroce lui engourdi tout le bras, mais à son grand étonnement, il n'y avait aucune goutte de sang. Il n'y avait qu'une large entaille en travers de sa main. Mais la plaie se resserra et elle ne fut plus rien au bout d'une dizaine de minutes. Miru était adossée à un rocher, ses tempes battaient au rythme de son c½ur. Elle commençait à reprendre son souffle lorsqu'un bruit la fit tressauter.
Ethru sentait l'enthousiasme le gagnait et l'envie de rejoindre cette sorte de sauveur l'emplit. Il retourna dans sa chambre, se changea, pris de quoi manger et boire, après quoi il se mit en route vers la colline interdite. Il traversa l'intégralité du village, avec la tête toujours levée vers son but. Il arriva au pied de la colline , voulu poser le pied sur la première pierre, comme l'avait fait Miru un quart d'heure avant, mais lorsqu'il s'approcha du rocher, son pied fut projeté en l'air, ce qui le fit basculer.
Allongé sur le sol, il perçut une faible lueur violette flotter au dessus de sa tête. Il se releva à grand peine, car dans sa chute, il avait heurter un de ces petits cailloux pointu qui nous donne une démarche assez étrange lorsque l'on marche pied nus dessus. On pourrai appeler cela une « course sautillée sur demi-pointe ». Ceci étant , Ethru évita d'entrer en contact avec cette étrange source de lumière sortit de nulle part. Il l'observa, tourna autour, essayant de découvrir un ingénieux mécanisme, mais rien. Décrétant que même s'il n'était pas rassuré, cette lueur devait être inoffensive, il se rapprocha, tendit le bras, la main et les doigts, étirés à leurs maximum. A peine eut-il effleuré le halo violacé, que tout son corps se mit a briller avec une intensité phénoménale qui le contraint à fermer les yeux. Ses jambes se dérobèrent, et il s'affaissa. Il était surpris, mais il sentait en lui une grande force et un but clair : monter tout en haut. Ethru tenta de se relever, mais rien n'y faisait, aucune force ne siégeait dans ses jambes. Il sentait juste une sensation inconnu, comme une deuxième corps à l'intérieur de lui même, avec beaucoup plus de détermination. Un mot résonna dans sa tête : Vole. Il ne compris pas tout de suite jusqu'à ce murmure, qui apparut comme le mot Vole. Ce murmure, doux, délicat, soyeux, la voix la plus fluette qu'il n'est jamais entendu. Ces mots qu'il ne comprenait pas, « Aime ton ange comme un dieu, car le jour où tu ne le regarde plus, il disparaît ». Mais qui est cet ange, ce dieu ? Ethru était perdu, mais tout à coup tout lui devint clair et limpide. Son ange s'appelait Miru, et quand on regarde un dieu, c'est au ciel que l'on s'adresse. Miru était là haut. Il baissa les yeux, prit une longue inspiration, releva la tête et s'envola à une vitesse incroyable. Il volait à une altitude très basse, frôlant le moindre rocher, mais sa vision nocturne était digne des plus grands elfes, et le sens du détail du plus digne des dragons. Après quelques minutes de vol, qu'il apprécia à leurs juste valeurs, il repéra Miru, se posa quelques mètres à coté d'elle, sans un bruit audible pour un homme, mais Miru fit un bond de surprise.
A sa droite, quelqu'un venait de se poser avec délicatesse, mais il avait effleurer un cailloux qui avait pivoter sur une autre de ses faces. Sans ce cailloux, Miru n'aurai rien entendu. Elle savait que quelqu'un l'observait mais elle ne savait pas qui. Miru ferma les yeux, attentive au moindre bruit. Elle distingua une once de respiration, puis une rythme cardiaque, elle voyait le moindre détail, comme lors de sa première nuit. Mais elle ne pouvait voir que les objets inanimés. Elle continua d'écouter la nuit, mais il fallait qu'elle se concentre sur une zone précise. Prenant une grande respiration, elle canalisa ses pensées sur un couloir de deux mètres, et un éclair violet l'éblouit. Il était là. Elle voulu prendre la parole, mais Ethru la devança.
- Miru, c'est toi ? murmura t-il
- Ethru ? fit-elle avec surprise
- Oui c'est moi, mais que fais-tu là ?
- Et toi alors ?
Et Ethru lui raconta tout ce qui c'était passé, et c'est au passage de la lueur violette que Miru l'interrompit
- J'ai vu une lueur semblable un soir dans la forêt, mais la mienne était verte. C'est quand même bizarre ce qu'il nous arrive...
- Ah ça... je ne connais personne qui vole et qui ose gravir la colline en pleine nuit mis à part nous.
- Comment sais-tu que je vole ?
- Je connais l'histoire aussi bien que toi, et je t'ai vu virevolter, c'est d'ailleurs ce qui m'a amené ici.
- Soit, mais que faire maintenant ?
- Continuer ? non ?, tu était partis pour cela apparemment.
- Oui mais... je sais pas...
Miru était gênée, depuis qu'elle le savait atteint par la même chose qu'elle, elle le voyait rayonner. Elle était amoureuse, et ça lui faisait peur.
- Allez viens !
Ethru lui tendait la main, l'attendant, prêt à décoller.
Elle hésitait, lui prendre la main et se laisser porter, ou décliner l'invitation et voler à ses cotés. Le doute, l'angoisse, la peur, l'amour, tout cela se mélangeait dans son c½ur. Elle réfléchissait, mais le choix était dur.
Elle ferma les yeux.
Chapitre III
L'air lui battait lui oreilles, mais l'inquiétude ne le quittait pas. Malgré le bruit que faisait l'air, il écoutait le moindre murmure, il perçait la pénombre de la nuit pour apercevoir enfin quelque chose qui pouvait l'aider ou le rassurer, mais rien. Il cherchait depuis un quart d'heure le corps de Miru. Alors qu'il l'invitait à venir avec lui, elle avait décidé de voler à ses cotés, mais la fatigue eue raison d'elle, et elle tomba sans qu'Ethru ne se doute de rien. C'est après cinq minutes sans la voir qu'il commença à s'inquiéter, et il fit demi-tour. Hélas, ils volaient à moyenne altitude et Miru pouvait se trouver n'importe où. Le terrain était escarpé, de profondes crevasses s'étendaient sur des centaines de mètres, autant en largeur, qu'en longueur et profondeur. Et Miru pouvait se trouver dans n'importe laquelle de ces crevasses, ou inconsciente au pied d'un rocher. Les yeux, le nez et la bouche d'Ethru étaient engourdis par le froid, et l'air qu'il inspirait lui brûlait les poumons. A contre c½ur, il décida de faire pause, le temps de retrouver l'usage de ses doigts. Il se posa à l'abri des rochers, et ferma les yeux.
Miru rouvrit les yeux, elle voulait voler elle-même, malgré sa tentation d'être dans les bras d'Ethru. Ils s'élevèrent l'un à coté de l'autre. Miru sentait qu'elle faiblissait, mais elle ne dit rien.
Elle frappa violemment le sol, frappa un rocher au niveau des genoux, ce qui la réveilla avec une atroce douleur. Son choc la faisait tournoyer, ce qui la déstabilisa complètement lorsqu'elle repris totalement connaissance. Elle sentit encore quelques chocs, mais elle ne se sentit pas s'arrêter. Elle avait heurté un rocher avec l'arrière de la tête. Ceci eu le don de ralentir sa course folle, mais elle sombra immédiatement inconsciente. Elle était allongée, à la limite d'une profonde crevasse, retenue par le maigre amas de gravillons que sa chute avait créée. Elle mit quelques minutes à retrouver ses esprits. Face contre terre, elle sentait une horrible douleur venir de sa nuque ainsi que de ses jambes inertes. Elle voulut se relever, mais elle ne trouvait aucun appui stable, il lui fallait quelque chose pour se hisser. Elle apercevait ce qui lui convenait, un rocher à mi-hauteur où elle pouvait passer ses deux bras et s'agripper. Mais la distance qui la séparait de ce rocher lui semblait immense et elle renonça pour le moment. Elle reposa sa tête contre le sol et essaya de pivoter pour apercevoir le ciel. Elle se balança sur son flanc gauche, diminuant la mini barrière de graviers qui se déversaient petit à petit dans la crevasse. Miru continua son balancement quand une pointe se fit ressentir au centre de sa colonne vertébrale, la faisant hurler de douleur.
Attentif au moindre bruit que le vent pouvait porter, il imaginait des scènes horribles, mais un murmure le tira de ses pensées. Comme un cri, mais plus doux, un appel. Ca venait du sud, mais comment pouvait-il l'entendre avec ce vent de nord. Peu importait, il s'éleva et le vent le porta plus vite qu'il ne pouvait voler. Cet appel se faisait parfois plus fort que le mugissement de l'air dans ses oreilles, d'autre fois pas plus fort que le murmure de l'arbre qui pousse. Mais Ethru savait qu'il devait aller vers le sud. Il sentait qu'il se rapprochait, un murmure résonna dans sa tête, « Aime » Un mot qui laissait beaucoup d'interrogation. Mais il n'avait plus le temps de réfléchir. Il apercevait Miru. Il la voyait, à la limite d'une crevasse, et son c½ur s'emballa. Il cherchait un endroit où poser pied à terre en toute sécurité. Ce fut le cas, mais il avait du s'éloigner de Miru, le sol ne lui semblait pas stable. Ayant atterrit, il remarqua que cet endroit était inhospitalier et que plus vite ils seraient partis, plus vite ils seraient en sécurité. C'est ainsi qu'il se mit en route, se battant contre le vent, évitant tous les rochers. Sa progression était ralenti par de petits glissements de terrain qu'il ne pouvait éviter même en lévitation. Le phénomène l'étonna, il compris que son « pouvoir » fonctionnait comme un coussin d'air à très faible altitude, ce qui n'expliquait pas leur capacité à voler, son poids se répercutait sur le sol malgré le fait qu'il ne le touche.
Après plusieurs glissades, il parvint à un endroit plus stable, où des rochers lui offraient la possibilité de se rapprocher plus vite de Miru. Il prit appui sur un dernier rocher et la vit se tortiller sur le sol. Même s'il avait le souhait de se précipiter à son secours, il avança prudemment entre les rochers, balayaient par de puissantes rafales de vent. Ethru arriva enfin à coté de Miru. La terre lui donnait un air de militaire après un long parcours boueux.
Miru ouvrit les yeux, et elle découvrit Ethru qui tentait d'allumer un feu. Elle se redressa, s'appuyant avec difficulté sur son bras droit. Son coude gauche la faisait souffrir, elle y jeta un coup d'½il, aussi bref qu'il fût, il lui glaça le sang. Son avant bras ressortait de cinq ou six centimètres au niveau du coude. Soudain une douleur virulente se fit ressentir, là où son os avait décidé de prendre l'air frais et humide de cette nuit orageuse. Essayant d'en faire abstraction, elle essaya de deviner où elle se trouvait. La dernière chose dont elle se souvenait, c'était de voler à coté d'Ethru, après, plus rien. Devant elle, de petites flammes devinrent visibles et leur chaleur se fit immédiatement ressentir. C'est simplement après avoir allumé ce petit feu qu'Ethru se rendit compte que Miru était de nouveau consciente.
Il la voyait là, ne sachant que faire. Elle semblait encore en vie mais elle faisait pitié à voir. Il décida dans un premier temps de la faire pivoter sur le dos. Il l'attrapa donc, une main au niveau de la hanche, l'autre sur son épaule lacérée. Elle pivota, et son corps déchiré offrait une vision d'horreur, qui provoqua un haut le c½ur à Ethru qui du détourner le regard, le temps de se reprendre. Il prit une profonde inspiration, se retourna, glissa ses mains sous le corps de Miru. Il sentait sa colonne vertébrale, mais il manquait la peau à certains endroits, et lorsqu'il distingua sa main à travers le corps de Miru, il fut effrayé. Ses poils se hérissèrent, un frisson lui parcourut le dos, ses muscles se contractèrent. C'est au prix d'un effort considérable qu'il trouva la force de soulever Miru. Quelques instants plus tard, il ne restait plus rien de leur présence ici, si ce n'est les quelques lambeaux de peau qui virevoltaient au gré du vent. Et le mince écho du cri d'horreur que Miru avait poussé avant qu'Ethru ne s'élance.
Miru voulu parler, mais Ethru lui mis un doigt devant la bouche la priant de se taire.
- Laisse moi parler et repose toi tu en as besoin. Tu es tombée, j'ai mis beaucoup de temps à te retrouver, quand ça a été le cas, j'ai préféré venir ici, le vent y est plus calme et l'endroit mois dangereux.
- Mais...
- Chut, tu as de nombreuses blessures, aussi grave les unes que les autres et je pense qu'il faut arrêter là et redescendre pour te soigner.
- Non !!! hurla t-elle
- Mais...
- Laisse moi parler, s'il te plait.
Sa phrase fut accompagnée de nombreux rictus de douleur, mais le fond de sa voix et son regard traduisaient toute sa volonté.
- Je sais ce que j'ai, je ressens ce que toi tu ne fais que voir, je sens le vent qui s'engouffre dans mon dos. Je le sens me caresser le c½ur, et je vais sûrement attraper un énorme rhume à cette allure là... Je vois aussi mon coude qui n'en est plus un, mais je t'assure que l'on peut continuer.
Leurs regards se croisèrent, et l'on pouvait voir une petite flamme se refléter au fond de leurs yeux, simple reflet du feu crépitant à leurs pieds. Le vent se leva, la foudre divisa le ciel en de millier de petites parties, un petit écho se répercuta à leurs oreilles. Non pas l'écho de la foudre qui ne produisit aucun bruit, mais comme un léger murmure... « Aime ». Une réponse commune, réponse du c½ur, l'un face à l'autre, « Oui ». Leurs mains se rapprochèrent, un sourire sur leurs lèvres, une pluie fine se mit à tomber. Leurs doigts se croisèrent, un mot à l'unisson, « Aime », la pluie s'épaissit. Leurs lèvres se rejoignirent, instant de bonheur, ils se levèrent, et s'envolèrent. A mesure qu'ils montaient, le ciel se dégageait, et la lune apparut, rayonnante. Ils s'élevèrent jusqu'au lueurs infinies, là où la vie n'est plus un mot mais simplement un synonyme de partage. Ethru revint sur la terre de ces ancêtres, et Miru atterrit quelques mètres plus loin. Mais elle ne se releva pas. Dans son désespoir, Ethru grava dans la roche ce doux moment qu'il venait de vivre.
« Main dans la main,
Nos ailes se croisent,
Sans jamais se toucher,
Synchronisation,
Un équilibre s'installe,
Chacun complète l'autre.
Sans jamais fatiguer,
On s'élève dans les cieux,
Regards croisés,
Mon c½ur bondit,
A ton corps si proche,
Dans tes bras enserrai,
Je sens nos vies se lier.
Nous découvrons ainsi l'amour,
Après ce voyage si court
Une lueur est née dans mon c½ur.
Celle de ta présence infinie.
Voyage inverse,
Le temps nous séparent,
Si loin de toi,
Mon c½ur voit une lueur pâlir,
Profitant de ces derniers instants,
Pour te dire de revenir,
Touché rugueux de ce sol appauvri,
Je te vois disparaître,
Non loin de mon c½ur brisé,
Je t'aime. »
Chapitre IV
Miru marchait normalement, entre ciel et terre, là où le monde n'existe pas. La vie, réelle, mais inexistante. Un détail l'affola, son c½ur ne battait pas.
Ethru était penché sur le corps de Miru, immobile, froid, terne. Il ne la voyait plus comme avant, elle brillait, d'un beau vert émeraude. Mais là, il ne voyait plus rien, seulement le corps de celle qui l'aimait, de celle qu'il aime. Une larme naquit au creux de son ½il gauche, coula le long de sa joue et vint mourir sur le coin de ses lèvres sèches. Une autre larme perla sur l'extérieur de son ½il gauche, glissa jusqu'à son menton, et tomba sur Miru, plus précisément sur sa paupière gauche. Ethru était tétanisé, il revivait ce premier et unique baiser. Il voulait bouger, mais ses yeux refusaient de quitter le visage de Miru. Il la trouvait si belle, elle était douce avec lui, mais elle était morte. Loin de lui, elle ne le regardera plus en cachette, et lui, il restait pétrifier là à l'admirer. Il mit un long et pénible moment à sortir de son mutisme, il se remit avec difficulté sur ses jambes encore engourdies. Il fit deux pas, tournant le dos à Miru, comme s'il allait l'abandonner là, et il éclata en sanglots, martelant les rochers qui se trouvaient sur son chemin. Il s'effondra au sol, allongé, sa joue droite collée au sol, il ferma les yeux. Il tremblotait, le vent se releva puissamment, et la poussière venait lui heurter le visage et restait collée là où ces larmes avaient coulées.
Miru s'assit, entre ciel et terre, entre vie et mort. Perdue par tout ce qui lui arrivait dessus. Ce « monde » vide, où rien n'existe, pas même soi même. Elle sentait son corps présent, mais son esprit était ailleurs, mais où ? Elle n'en avait aucune idée. Elle ne cherchait pas à le savoir en fait. Elle était vidée de toute réflexion, plongée dans ce « monde » parallèle. A mi-chemin entre la vie sur terre et la mort au royaume de l'au-delà. Quelque chose la retenait ici. Elle se releva, sans aucune raison, la raison étant absente de cet étrange lieu. Elle marcha combien de temps ? Aucune idée, mais il arriva un moment où une goutte salée sortie d'entre ses jambes et vint s'écraser sur sa paupière droite. Son esprit se réveilla, et son c½ur aussi. Elle prit une énorme inspiration, tenta de se calmer et elle finit par s'évanouir.
Ethru se calmait, il essuya son visage poussiéreux et se tourna vers Miru. Encore quelques larmes coulèrent sur ses joues, il les balaya du revers de la main et se mit en marche. Il pris Miru dans sur ses bras, et il entama une longue et pénible descente. Il se devait de la ramener à Etimélia, leur village. Ethru descendit donc, malgré l'aspect plus facile que lui accordait l'aurore, il glissa plusieurs fois, s'écorchant les genoux et les coudes. Il aperçut aux premiers rayons de soleil qu'il se trouvait en réalité au sommet de la colline lorsque Miru le quitta. Il ferma les yeux, et chaque instant qui lui rappelait le sourire de Miru, ses yeux ou sa voix, défilèrent devant ses yeux. Sans réfléchir, il lâcha Miru et fit demi-tour.
Il courut de toutes ses forces, il chuta, se relevant comme si de rien n'était et il repartait. Le vent s'intensifia, le forçant à se protéger le visage et à ralentir l'allure. Mais il courait sans relâche, bondissant entre les rochers et sautant par-dessus les crevasses qui lui barraient la route. Il n'avait pas de temps à perdre, il fallait qu'il atteigne le sommet le plus rapidement possible. Il en était sûr maintenant, sa course s'intensifia, ses enjambées s'allongèrent, son c½ur battait la chamade, mais il devait courir. Quelque chose se réveilla en lui, il vit une lueur bleu saphir briller par delà le sommet. Les réponses à ses questions se trouvaient là bas, mais il avait peur d'avoir raison. Il atteint finalement le sommet et ces doutes se confirmèrent. De nuit il n'avait rien vu, mais un village se dressait en contrebas, et une silhouette descendait.
Ethru ne la voyait pas très bien, il pris appui sur le sol et s'éleva à une impressionnante vitesse. Il survola la pente herbue et vint se poser face à cette silhouette fuyante.
Il découvrit Eviary, dégoulinant de sueur, mais un franc sourire aux lèvres.
- Au moins cette peste ne me dérangera plus, lança Eviary
- C'était donc moi que tu voulais ?
- Oui, et j'ai réussi.
- Non, tu n'as rien réussi, mais quel est cet endroit ?
- C'est ta liberté, celle que tu partageras avec...
Eviary ne put finir sa phrase car Ethru s'envola. Elle se retourna et découvrit Ethru serrant quelqu'un dans ses bras : Miru était là.
Miru repris connaissance, mais ce n'était plus pareil, elle ouvrit les yeux et du se protéger avec son bras. Une forte lumière l'éblouissait. Les alentours étaient chaotiques et la pente était fortement inclinée. Elle se releva et aperçu un plateau un peu plus haut.
- Voilà donc le monde au-delà de la mort. Pas très accueillant ma foi. Même ma chambre est plus organisée, et pour des gens qui ont l'éternité, ils ne sont pas fans de ménage.
Sa voix fit écho, et elle se mit en route. Décidait à monter, elle frappa un caillou qui se trouvait qui se trouvait sur son chemin, nostalgique de son petit village. Elle eut un sursaut, elle se souvenait. Comme si elle était encore vivante. Elle montait, sautant de rocher en rocher, puis un picotement et elle s'envola. Elle savoura ce don qu'elle pensait perdu. Virevoltant, elle se posa sur le sol noir qui surplombait la colline. Elle fit un pas, et son c½ur se mit à battre plus rapidement, elle leva le regard et ce qu'elle vit la surprit. Mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir. Ethru la serrait déjà dans ses bras.
Quand elle réussit à se défaire de son étreinte, elle recula et détailla Ethru.
- Alors toi aussi tu es mort ?
- Mort ? Non, je suis bien vivant, et toi tu semble avoir meilleur forme...
- Il est vrai que ce n'était pas la grande forme, mais au moins, je suis vivante.
- Oui, et c'est bien la seule chose que je ne saisisse pas. Pour moi tu étais morte. Mais l'important c'est que tu sois de retour.
- Oh ! mais que vois-je ? Serai-ce un mirage ?
- Tient Eviary, quelle bonne surprise...
- Ravi aussi de te voir revenir de la mort.
- Comment peux-tu être ravi ? La jalousie qui te ronge t'aurait-elle abandonnée ?
La discussion s'envenimait et Ethru ne comprenait plus rien.
- Ne fais pas l'innocente, la mort nous révèle les secrets les mieux gardés.
- Non ! Tu ne sais rien.
- Oh que si, je sais TOUT.
Miru rayonnait, tandis qu'Eviary perdait en éclat à chaque mot.
- Miru que se passe t-il ? demanda Ethru
- Oh, que l'histoire est longue, n'est-ce pas Eviary ? Ou plutôt, Princesse Eviary. Où dois-je commencer ?
- Tais-toi vipère, tu ne sais rien, rétorqua Eviary
- Est-ce tout ce dont tu es capable ? Voilà déjà 6000 ans que tu es née ici, ou plutôt que ta magie s'exerce ici. Et oui Ethru, tu as en face de toi la Princesse Eviary, bannit du royaume de son père pour trahison. Elle a acquis les rudiments de la magie dans cette forêt et décida de punir et maudire cette terre jusqu'à ce qu'elle estime avoir achever son ½uvre. On lui doit 6000 ans de notre histoire, L'Amurial et L'Ethurial, ce vent qui nous a tant gêné lors de notre ascension, tout vient d'elle. Elle voulait rester l'unique à connaître le reste du monde. Et elle te voulait toi, pour elle toute seule. Elle est égoïste, elle ne connaît pas la joie.
- Et bien voilà un magnifique portrait de moi. Il est vrai que j'ai visité toutes les terres qui existent au-delà de ce village. Je l'ai créé le jour où j'ai été chassée, et il sert de porte à quiconque sait l'utiliser. N'oublions pas L'Amurial et L'Ethurial, ne vous êtes donc pas rendu compte qu'il contenait vos deux prénoms ? Non bien sur, vraiment trop naïf. Tout comme le nom de votre village, il est un mélange de vos deux prénoms, mais bien sur vous n'avez rien remarqué. Ce n'était pourtant pas compliqué. Mais vous n'avez rien vu... Vraiment minable... Ethru je voulais juste que tu m'aimes, mais cette peste de Miru t'est tombée dessus et tout ce que j'avais prévu pour nous deux c'est effondré. Nous pouvions avoir le pouvoir absolu partout, nous serions heureux. Nous possédons tous les deux une source de pouvoir, j'en avais laissé deux dans la forêt, pour qu'un jour mon destin se réalise.
- Mais je ne t'aime pas Eviary, Princesse ou pas, je ne te supporte pas. Pour les sources de pouvoir elle n'existe plus, je suis le porteur de la troisième, et c'est Miru qui possède la seconde. Et toi Eviary tu n'es qu'une sangsue, un pot de colle. Je n'aime que Miru. Et le pouvoir absolu ne m'intéresse pas. Ta soif de vengeance ne me concerne pas.
Eviary baissa la tête, le ciel s'assombrit, le vent se leva. Elle commença à briller, une voix puissante résonna :
- Votre pouvoir est aujourd'hui sans limite, mais saurez-vous l'utiliser ?
Miru se tourna vers Ethru, leurs regards se croisèrent, ils étincelaient puissamment, leurs mains se croisèrent, ils pivotèrent en direction d'Eviary. En une fraction de seconde, le soleil revint et Eviary s'effondra sur le sol. Morte. Etait-ce ainsi que s'achevaient toutes ces années ? Ethru en doutait, mais Miru acheva le travail. Elle sauta au cou d'Ethru et l'embrassa. Un long cri résonna puis un simple murmure : « Aime ».
Epilogue
Ethru et Miru poursuivirent leurs études dans leur petit village. Un jour, ils gravirent de nouveau cette colline, et au sommet un étonnant spectacle les attendait. Ils découvrirent le monde qui les entourait. Ethru partis un Ethurial à la recherche d'information sur cette princesse Eviary, Miru ayant renoncé à se souvenir de son passage dans l'entre deux mondes. Lorsqu'il revint, c'est Miru qui plia bagage dans l'espoir d'en apprendre plus sur les sources de pouvoir. Ils passèrent une année loin l'un de l'autre. Ethru trouva un travail de journaliste à une centaine de kilomètres d'Etimélia. Miru devint un légendaire écrivain. Et c'est sur ces mots que tous deux vous remercient.
Miru ferma le cahier avec un pincement au c½ur. Elle venait d'achever le récit de sa plus belle aventure. Ethru entra dans le bureau de Miru.
- Tu l'as enfin terminé ?
- Oui, il restera une trace de notre aventure.
Miru et Ethru gravirent la pente herbeuse et atteignirent le sommet. Un léger murmure les accompagna : « Souvenirs ». Et ils s'élevèrent main dans la main, on pouvait les suivre jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Ils avaient passé l'entre deux mondes. Silence.